Additifs et trempage : ce que l’industrie cache sous la peau du poisson


Polyphosphates, colorants et chimie invisible : découvrez pourquoi votre poisson n’est plus un produit brut.

Il existe une réalité dont on parle très peu.

Entre la mer et votre assiette,
le poisson peut subir des traitements que la majorité des consommateurs n’imagine même pas.

Additifs.
Trempages.
Polyphosphates.
Correcteurs d’acidité.
Sulfites.
Colorants.
Antibiotiques en élevage.
Enzymes de “restructuration”.

Certains sont autorisés.
Certains sont encadrés.
Certains deviennent illégaux lorsqu’ils dépassent les limites.

Mais tous ont un point commun :

Ils modifient le produit brut.

Et plus la chaîne est longue, plus ces ajustements deviennent fréquents.


Le poisson est un organisme fragile.

Dès sa capture, les enzymes naturelles commencent leur travail.
La chair évolue.
La texture change.
L’odeur aussi.

Dans une pêche journalière, ce délai reste court.
Dans des campagnes en mer de plusieurs jours, parfois plusieurs semaines, la contrainte devient énorme.

Le froid ralentit.
Il ne stoppe pas.

Alors l’industrie a développé des solutions techniques.

Pas pour améliorer le poisson.
Pour le faire tenir dans le temps.


Le trempage aux polyphosphates

C’est la technique la plus répandue et la plus rentable.

On trempe les filets de poisson dans des bains de polyphosphates (E450, E451).

Le but ?

Ces sels chimiques agissent comme des éponges.
Ils retiennent l’eau à l’intérieur de la chair.

• Le résultat : Vous achetez un poisson qui pèse 20% de plus grâce à l’eau ajoutée.
• La déception : À la cuisson, l’eau s’échappe, le poisson rétrécit de moitié et finit par bouillir dans la poêle au lieu de griller.
• Le risque : Un excès de phosphates est pointé du doigt par de nombreuses études pour ses risques sur la santé rénale et cardiovasculaire.


Les anti-acides et correcteurs d’acidité

Pour masquer le manque de fraîcheur, on utilise des correcteurs d’acidité comme le citrate de sodium (E331) ou des carbonates.

Ces produits « neutralisent » l’odeur du poisson qui commence à vieillir et maintiennent une couleur trompeuse.

Le poisson a l’air frais, mais ses cellules sont déjà en décomposition.

C’est une tricherie visuelle pure et simple.


Les colorants : l’illusion de la vie

Le cas le plus célèbre est celui du saumon d’élevage, dont la chair serait grise sans l’ajout de canthaxanthine ou d’astaxanthine de synthèse dans sa nourriture.

Mais ce n’est pas tout :

Certains thons sont traités au monoxyde de carbone pour garder une couleur rouge vif « sanglant », alors que la chair naturelle devrait brunir à l’air libre.

On vous vend une couleur, pas une qualité.


Le cocktail de l’élevage : vitamines et antibiotiques

Le poisson de bassin vit dans une promiscuité extrême.

Pour éviter les hécatombes, l’industrie sature l’eau et la nourriture de :

• Antibiotiques : qui se retrouvent dans votre organisme et participent à l’antibiorésistance mondiale.
• Vitamines de synthèse : pour compenser l’absence d’alimentation naturelle et de soleil.
• Pesticides : utilisés pour traiter les poux de mer et autres parasites qui pullulent dans les cages.


Les « colles » à poisson (Transglutaminase)

Saviez-vous que certains « filets » ou produits transformés sont en réalité des morceaux de restes de poissons « collés » ensemble avec une enzyme appelée transglutaminase ?

On recrée une forme parfaite à partir de déchets, sans que le consommateur ne puisse s’en apercevoir à l’œil nu.


Le grand public imagine souvent un schéma simple :

Pêché.
Glacé.
Vendu.

La réalité industrielle peut inclure :

Glacé.
Déglacé.
Re-glacé.
Trempé.
Traité.
Calibré.
Reconditionné.

Tout cela peut être légal.
Tout cela peut être encadré.

Mais rien de tout cela n’est neutre.


La vraie question n’est pas “est-ce autorisé ?”

La vraie question est :

Pourquoi ces pratiques sont-elles nécessaires ?

Parce que les volumes sont immenses.
Parce que les campagnes sont longues.
Parce que les produits voyagent sur des milliers de kilomètres.
Parce que le délai entre la capture et l’assiette peut se compter en semaines.

Plus la chaîne s’allonge,
plus le poisson a besoin d’ajustements.


Dans une pêche artisanale journalière,
où le poisson est capturé le matin et vendu le jour même,
la glace suffit.

Un poisson réellement frais n’a pas besoin :

de retenir artificiellement de l’eau
de corriger son pH
de stabiliser sa couleur
de masquer son odeur
de reconstruire sa forme

Plus un produit a besoin d’interventions,
plus il s’est éloigné de son état naturel.


Il ne s’agit pas de dire que tout est toxique.
Il ne s’agit pas de dire que tout est illégal.

Il s’agit de comprendre.

Lorsque vous voyez un filet qui ne rend aucune eau,
une chair qui tient,
une odeur nette,
une texture dense,

vous avez probablement un produit peu manipulé.

Lorsque votre poisson rétrécit, relâche un liquide blanchâtre et perd sa structure,
ce n’est pas toujours votre cuisson.


Au fond, la question est simple :

Préférez-vous un poisson qui a été adapté au système
ou un poisson qui a simplement été respecté ?

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