Suite aux récentes tempêtes, nos expéditions sont momentanément suspendues. Réouverture des réservations à partir du mercredi 13/05/2026.

La criée de Nazaré

Qualité, fraîcheur et savoir-faire détermininent le prix du poisson

Le poisson ne se vend pas comme un produit ordinaire.

Avant d’arriver chez un poissonnier ou dans une assiette, il passe par un lieu central du monde de la pêche : la criée.

C’est là que les captures sont présentées, évaluées et vendues.

Chaque poisson y est jugé immédiatement.

Sa qualité détermine son prix.


Un peu d’histoire

Situé sur l’Avenida Manuel Remígio, le premier bâtiment de la criée de Nazaré a été ouvert le 24 décembre 1958. La vente aux enchères s’y est déroulée jusqu’en mars 1987.

Le poisson était alors étalé sur des bancs grossiers et vendu aux enchères par les agents de l’Office Central de la Maison des Pêcheurs, par ordre de prix décroissant.

L’une des particularités de cette vente était le mot d’ordre « chui », utilisé pour indiquer l’achat du poisson. Lorsque l’acheteur criait « chui », il recevait, accroché à une longue canne, un ticket portant le numéro de la caisse de poisson correspondante.

La criée de Nazaré fut également la première vente aux enchères du pays où le poisson commença à être vendu au kilo et non plus à l’unité.

Avec la construction du port de pêche en 1983, la criée fut déplacée vers les installations portuaires et inaugurée le 29 avril 1987, équipée d’un système informatisé de vente aux enchères.

L’ancienne criée céda ensuite sa place au Centre Culturel de Nazaré, ouvert au public depuis 1995. L’intérieur et l’extérieur sont décorés de panneaux d’azulejos consacrés à la pêche, créés par Gallardo et fabriqués dans la célèbre usine Aleluia de Coimbra.


L’arrivée des bateaux à Nazaré

Tout commence lorsque les petites embarcations de la pêche artisanale rentrent au port.

Contrairement aux navires industriels qui restent parfois des semaines en mer, ici les bateaux rentrent après quelques heures de pêche.

Les retours s’échelonnent entre le matin et le début de l’après-midi, selon les zones de pêche et la durée des sorties.

Le premier examen commence immédiatement.

On vérifie que le poisson a été correctement glacé dès sa capture.

Un poisson qui a « chauffé » sur le pont, même quelques minutes, est déjà un poisson déclassé.

Les captures sont placées dans des caisses remplies de glace afin de maintenir une température proche de zéro degré.

La rapidité est essentielle.

Plus le poisson arrive rapidement au port après sa capture, plus sa valeur est élevée.


Le tri des captures

Avant la vente, tout est trié.

Chaque espèce est séparée.

Les tailles sont classées selon un code européen, de T0 à T6.

La fraîcheur est également évaluée selon une classification F, 0, 1, 2, à laquelle peut s’ajouter une classe de qualité E (extra) ou A.

Plus un poisson est grand, frais et classé E, plus il est valorisé.

Les caisses sont ensuite identifiées et pesées.

Ce travail prépare la vente.

Les poissons sont disposés dans la salle de criée.

Chaque caisse devient un lot.

Chaque lot sera vendu.


La criée du soir

À Nazaré, la vente se déroule en soirée.

Les acheteurs professionnels sont présents dans la salle.

Poissonniers, grossistes et restaurateurs examinent les lots.

La vente commence.

Les enchères inversées se déroulent rapidement.

Le prix affiché au cadran descend progressivement jusqu’à ce qu’un acheteur se positionne.

Le premier qui accepte le prix remporte le lot.

La stratégie est simple.

Il faut savoir attendre pour obtenir un bon prix.

Mais attendre trop longtemps peut faire perdre le meilleur lot au profit d’un concurrent.

Tout se joue en quelques secondes.


La qualité se voit immédiatement

À la criée, la qualité saute aux yeux.

La criée est un marché d’experts où le moindre défaut coûte cher.

La valeur d’un poisson ne dépend pas seulement de son espèce.

Elle dépend aussi de son intégrité physique.

La brillance de la peau.

La fermeté de la chair.

La transparence de l’œil.

La couleur des branchies.

Un poisson brillant et intact obtient les meilleurs prix.

Un poisson abîmé voit son prix s’effondrer immédiatement.

Un œil terne ou une peau qui a perdu son éclat métallique peut faire chuter le prix de 30 à 50 % instantanément.

La criée est un marché extrêmement exigeant.

Le beau est fortement valorisé.

Le moindre défaut fait perdre immédiatement de la valeur.


La méthode de pêche influence directement la qualité

Toutes les méthodes de pêche ne produisent pas le même poisson.

Les techniques sélectives comme la ligne, la palangre ou certains filets fixes capturent les poissons individuellement ou en petites quantités.

Les poissons arrivent entiers, directement sortis de l’eau.

La chair reste intacte.

La qualité est visible.

À l’inverse, les méthodes industrielles comme le chalut compriment les captures dans de grands filets tirés sur de longues distances.

Les poissons sont écrasés, frottés, parfois blessés, mêlés au sable ou aux graviers.

La chair est abîmée.

Le stress de capture agit immédiatement sur la qualité de la chair.

Ces poissons perdent immédiatement de la valeur.

À la criée, les professionnels voient la différence en quelques secondes.


Le rôle déterminant du pêcheur

Le travail du pêcheur ne s’arrête pas à la capture.

La manière dont il traite le poisson détermine directement son revenu.

Un poisson manipulé correctement garde toute sa valeur.

Refroidissement immédiat.

Glace.

Tri rapide.

Protection de la chair.

Chaque geste compte.

Un poisson mal manipulé perd immédiatement de la valeur.

À la criée, l’erreur ne pardonne pas.


Une réalité économique simple

La criée révèle une vérité simple.

Un poisson de qualité se vend cher.

Un poisson abîmé perd immédiatement sa valeur.

La qualité n’est pas un discours marketing.

C’est une réalité économique visible chaque jour dans la salle de criée.


De la criée à l’assiette

Une fois vendu, le poisson quitte la criée.

Il entre dans la chaîne logistique.

Transport.

Distribution.

Vente.

Chaque étape ajoute du temps.

Et le temps agit directement sur la qualité.

Plus le délai entre la capture et la consommation est court, plus le poisson reste proche de l’état dans lequel il a été vendu à la criée.

C’est cette fraîcheur initiale qui fait toute la différence dans l’assiette.

👁 354 vues

Retour en haut